Le Centre de la Mobilité Humaine (SMM) a organisé, le jeudi 16 juillet 2026, à la salle La Romaine de Katana, en territoire de Kabare (Sud-Kivu), une formation sur l’éducation entrepreneuriale dans le cadre de son programme « Jeunesse Productive ». Cette initiative visait à développer chez les jeunes l’esprit d’auto-prise en charge, à renforcer leurs capacités entrepreneuriales et à les préparer à créer des activités économiques adaptées aux réalités de leurs communautés.
Cette activité intervient dans un contexte où les
conflits armés persistants à l’est de la République démocratique du Congo, les
déplacements forcés de populations, le chômage des jeunes et la précarité
économique réduisent considérablement les perspectives d’emploi et d’insertion
socio-économique. Face à ces défis, le Centre de la Mobilité Humaine considère
le développement des compétences entrepreneuriales comme un levier essentiel
pour renforcer la résilience des jeunes et favoriser leur autonomie économique.
Pour le Directeur du Centre de la Mobilité Humaine, M.
Josué Munguakonkwa Rwikubura, investir dans les compétences des jeunes
revient à investir durablement dans le développement des communautés.
« Nous croyons que le renforcement des compétences
entrepreneuriales des jeunes, le développement de leur culture financière, leur
capacité à transformer les ressources locales en opportunités économiques,
ainsi que la promotion d’une culture de l’épargne et d’une gestion financière
responsable, constituent des leviers essentiels pour favoriser une autonomie
économique durable et une participation active des jeunes au développement
local. Investir aujourd’hui dans les compétences des jeunes, c’est poser les
fondations d’une économie locale plus résiliente et d’un développement durable
porté par les communautés elles-mêmes. », souligne-t-il.
Animée par le Professeur Lucien James, la
formation s’est articulée autour de quatre modules portant sur les généralités
de l’entrepreneuriat, les acteurs de l’écosystème entrepreneurial, les méthodes
d’identification d’une activité en fonction des besoins du milieu et de la
concurrence, ainsi que les différents domaines de l’entrepreneuriat.
Au cours de son intervention, le facilitateur a insisté
sur la nécessité d’étudier minutieusement son environnement avant d’investir
dans une activité économique. Selon lui, un entrepreneur doit connaître les
besoins réels de sa communauté, analyser le pouvoir d’achat de sa clientèle et
adapter son projet aux réalités du marché.
« L’objectif de cette formation est de développer chez
les jeunes l’esprit d’auto-prise en charge et de mettre fin à la dépendance.
Nous voulons leur transmettre les connaissances nécessaires pour entreprendre
avec méthode, car beaucoup se lancent sans préparation et finissent par
échouer. », a expliqué le Professeur Lucien James.
Le manque de moyens financiers, souvent présenté comme
le principal obstacle à l’entrepreneuriat, a également occupé une place
importante dans les échanges. Le facilitateur a rappelé que, si le financement
demeure indispensable, il ne provient pas exclusivement des partenaires
extérieurs.
« Les ressources de départ existent parfois autour de
nous. Certains biens matériels peuvent constituer un capital permettant
d’initier une activité génératrice de revenus, à condition de faire des choix
responsables et d’investir avec une vision claire. », a-t-il souligné.
Les participants ont également partagé les difficultés rencontrées
dans leurs initiatives entrepreneuriales. Plusieurs ont évoqué le manque
d’accompagnement des jeunes entrepreneurs, l’accès limité au financement ainsi
que les difficultés à s’imposer sur un marché de plus en plus concurrentiel.
Pour Emery Murhula, l’un des bénéficiaires,
cette formation représente un véritable outil de transformation.
« Cette formation répond à un besoin réel. Elle
constitue un outil essentiel pour orienter la vision de la jeunesse. Je
m’engage à lancer une activité génératrice de revenus et à partager ces
connaissances avec d’autres jeunes afin de contribuer à bâtir une jeunesse
autonome et responsable. », a-t-il déclaré.
Mme ZIRAJE MULENGERA Mathilde,
également bénéficiaire de cette formation, a salué cette initiative du Centre
de la Mobilité Humaine.
« Cette formation m’a amenée à réfléchir autrement.
Elle me donne la motivation de créer ma propre entreprise afin d’atteindre
progressivement mon indépendance économique. », a-t-elle confié.
À travers cette activité, le Centre de la Mobilité
Humaine poursuit son engagement en faveur de l’autonomisation des jeunes et des
personnes affectées par la mobilité humaine. En facilitant l’accès au
renforcement des capacités, à l’information, à l’orientation et à
l’accompagnement des initiatives entrepreneuriales, le Centre entend contribuer
à l’émergence d’une jeunesse capable de transformer les défis de son
environnement en opportunités de développement.
Dans une province où les défis liés au chômage des
jeunes demeurent importants et sont aggravés par les conséquences des crises
sécuritaires et humanitaires, le renforcement des compétences entrepreneuriales
apparaît comme un investissement stratégique pour promouvoir une croissance
inclusive, renforcer la résilience des communautés et favoriser un
développement durable. À travers le programme « Jeunesse Productive », le
Centre de la Mobilité Humaine réaffirme ainsi sa conviction que « investir dans
la jeunesse, c’est transformer le potentiel d’aujourd’hui en opportunités pour
demain ».
Yseult LWANGO, Cellule de communication.
Centre de la Mobilité Humaine
Le 23 Juillet 2026
Frydenbølien 5C, 5056 Bergen, en Norvège.
© SMM , Tous Droits Reservés.